J'ay vécu sans nul pensement,
Me laissant aller doucement
A la bonne loy naturelle,
Et si m'étonne fort pourquoy
La mort osa songer à moy,
Qui ne songeay jamais à elle.
Me laissant aller doucement
A la bonne loy naturelle,
Et si m'étonne fort pourquoy
La mort osa songer à moy,
Qui ne songeay jamais à elle.
Mathurin REGNIER (1573-1613)
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré.
La pâleur m’en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai.
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré.
La pâleur m’en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai.
Alfred de MUSSET (1810-1857)
Jean s'en alla comme il était venu,
Mangea le fonds avec le revenu,
Tint les trésors chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien le sut dispenser :
Deux parts en fit, dont il soulait passer
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire.
Mangea le fonds avec le revenu,
Tint les trésors chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien le sut dispenser :
Deux parts en fit, dont il soulait passer
L'une à dormir et l'autre à ne rien faire.
Jean de la FONTAINE (1621-1695)
Ci-gît Piron, qui ne fut rien,
Pas même académicien.
Pas même académicien.
Alexis PIRON (1689-1773)
Ci-gît, oui, gît, par la mort-bleu !
Le cardinal de Richelieu ;
Et ce qui cause mon ennui,
Ma pension avec lui,
Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien
Le bien qu'il fit, il le fit mal,
Le mal qu'il fit, il le fit bien.
Le cardinal de Richelieu ;
Et ce qui cause mon ennui,
Ma pension avec lui,
Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien
Le bien qu'il fit, il le fit mal,
Le mal qu'il fit, il le fit bien.
Cardinal de Richelieu (1585-1642)








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